Le parquet de Munich blanchit Airbus de corruption, mais l’accuse de négligence dans la vente en 2003 d’avions de chasse à l’Autriche.

 

Anne Bauer

 

Soulagement chez Airbus. Après six ans d’investigation sur la vente en 2003 d’avions Eurofighter à l’Autriche, le parquet de Munich ne confirme finalement pas les allégations de corruption liées à la transaction. Une affaire qui portait sur la livraison de quinze avions de combat pour 1,7 milliard d’euros. Plus précisément, le parquet met fin à toute poursuite pénale, notamment à l’encontre du patron d’Airbus,

Tom Enders. Il évoque toutefois des négligences et réclame des pénalités importantes. Dans un communiqué diffusé vendredi soir, Airbus annonce avoir accepté une« pénalité administrative de 81,25 millions d’euros, composée d’une amende administrative de 250.000 euros et d’un redressement de 81 millions ».

Négligences

Innocent mais coupable : le parquet de Munich met en cause les négligences de supervision de l’ancienne direction d’Airbus Defence and Space, dont Tom Enders, sans nommer qui que ce soit. La justice allemande explique donc que les 81 millions réclamés correspondent à la « négligence de l’ancienne direction à mettre en place des mécanismes de contrôle interne adéquats, qui auraient pu empêcher des employés d’effectuer des paiements à des partenaires commerciaux sans prestations réciproques prouvées et documentées ». En clair, en six ans d’enquête, le parquet n’est pas parvenu à retracer la destination de quelque 80 millions d’euros de factures, mais n’a pas réussi pour autant à les lier à des caisses noires ou à des manœuvres d’évidence frauduleuses. Le parquet de Munich salue aussi les efforts menés par Airbus pour améliorer ses structures d’éthique et de « compliance ». Chez Airbus, on se réjouit de ce jugement. D’abord parce qu’aucun dirigeant, et surtout pas Tom Enders, n’est poursuivi pour manœuvre frauduleuse. Le groupe évite donc un douloureux procès.

Autre point de satisfaction, le jugement valide d’une certaine façon la stratégie adoptée par Tom Enders et le conseil d’administration d’Airbus de jouer carte sur table avec la justice pour nettoyer le passé. Le parquet de Munich a ainsi loué la coopération du groupe aéronautique.

Enfin, Airbus espère que cela mettra un terme aux doutes sur cette ancienne transaction empoisonnée. Mais l’Autriche a aussi porté plainte contre Airbus de son côté en février, et il n’est pas sûr que la décision du parquet de Munich ne lui apporte pas du grain à moudre.

Airbus à nouveau face à des problèmes de moteurs

Airbus a de nouveaux problèmes avec certains moteurs Pratt & Whitney équipant son A320neo. Plusieurs compagnies ont décidé de retarder la livraison des A320neo équipés de ces moteurs. L’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) a indiqué que « plusieurs arrêts moteur en vol ainsi que des interruptions de décollage ont été rapportés ». Une investigation est en cours pour déterminer l’origine du problème.